Cérémonie solennelle pour le 25ème anniversaire de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de la Conférence Rio 92 - Discours de l’Ambassadeur Laurent Bili - 13 juin 2017

(Seule la version prononcée fait foi)

Monsieur le Ministre de l’Environnement, José Sarney Filho,
Monsieur le Secrétaire exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, Erik Solheim,
Madame la Secrétaire chargée de l’Economie de la Mairie de Rio de Janeiro, Maria Eduarda Berto,
Monsieur le Président de la Fédération des Industries de l’Etat de Rio de Janeiro, Eduardo Eugênio Gouveia Vieira,
Monsieur le Sous-secrétaire général charge de l’Environnement, de l’Energie, des Sciences et des Technologies du Ministère des Relations extérieures, José Antônio Marcondes de Carvalho,
Monsieur le Secrétaire exécutif du Forum brésilien sur les changements climatiques, Alfredo Sirkis,
Mesdames et Messieurs,

C’est à la fois un honneur et un plaisir d’être parmi vous pour cette cérémonie célébrant le vingt-cinquième anniversaire de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de la Conférence Rio 92.

1. Cette conférence, plus connue sous le nom de « Sommet de la Terre », a marqué un tournant dans la prise en compte des enjeux environnementaux au niveau international. Trois conventions majeures dans ce domaine y ont en effet été signées : la Convention sur la diversité biologique, la Convention sur la lutte contre la désertification, mais surtout la Convention-cadre sur les changements climatiques.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, vingt ans après en 2012, la « Cidade Maravilhosa » a accueilli la Conférence des Nations Unies sur le développement durable ou « Rio+20 », réunion où a notamment été lancé le processus de définition des objectifs de développement durable universels, qui ont ensuite été endossés aux Nations Unies à New York en septembre 2015 dans le cadre de « l’Agenda 2030 ».

2. Depuis la première Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain à Stockholm en 1972, la France n’a cessé d’être à la pointe du traitement global des grands défis environnementaux qui se posent à l’humanité et elle continuera à l’avenir d’assumer les responsabilités qui sont les siennes.

La France s’est placée à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique, en accueillant notamment comme vous le savez la 21ème conférence des parties à la Convention-climat en décembre 2015. C’est à cette occasion que la communauté internationale a adopté l’Accord de Paris, réponse multilatérale inédite pour affronter le défi commun du dérèglement climatique. Le Brésil y a joué un rôle crucial et je souhaite le saluer à nouveau.

3. A la suite de l’entrée en vigueur de l’Accord en novembre dernier, le travail d’élaboration de ses règles d’application est désormais lancé et tous les efforts doivent être déployés pour qu’il soit conclu au plus tard en 2018 à la COP 24.

Il ne vous aura toutefois pas échappé qu’il y a une dizaine de jours, le président du deuxième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre a annoncé que son pays se retirerait de l’Accord de Paris. Cette décision ne peut pas être notifiée au secrétariat exécutif de la Convention avant le 4 novembre 2019 et le retrait ne pourra être effectif que le 4 novembre 2020, soit le lendemain des prochaines élections américaines.

Le Président Emmanuel Macron s’est exprimé le soir même pour regretter cette décision, considérant qu’il s’agit d’une erreur pour les intérêts des Etats-Unis et du peuple américain et d’une faute pour l’avenir de notre planète. L’origine anthropique du changement climatique est un consensus pour toute la communauté scientifique et ses effets sont observables tant dans les pays en développement que dans les pays développés.

Je veux le souligner devant vous : cette décision, qui va à l’encontre de l’Histoire, ne marque pas la fin de l’Accord de Paris et celui-ci ne peut en aucun cas être renégocié. La transition des économies vers un modèle sobre en carbone est en cours et elle est irréversible, avec ou sans le gouvernement fédéral des Etats-Unis. Non seulement elle est vitale pour la survie de l’humanité mais elle présente également des opportunités pour assurer le développement durable de nos économies.

Il est donc crucial que tous les pays expriment clairement leur volonté d’honorer leurs engagements de Paris. Je souhaite saluer ici les autorités brésiliennes, qui ont réitéré, moins d’une heure après l’annonce du Président Trump, leur attachement à l’Accord de Paris et souligné combien la protection de l’environnement était compatible avec la croissance économique.

4. Enfin, vous avez sans doute entendu l’appel lancé par le Président Emmanuel Macron aux chercheurs et aux enseignants, aux entrepreneurs, aux associations et aux ONG, aux étudiants et à toute la société civile à se mobiliser et à rejoindre la France pour mener la lutte contre le réchauffement climatique.

Jeudi dernier, cet appel s’est concrétisé par le lancement de la plateforme internet « Make Our Planet Great Again ». Je vous invite à visiter ce site Internet qui vise à faciliter la mobilisation pour la protection de notre planète de celles et de ceux qui souhaitent s’investir dans des projets, poursuivre des recherches, entreprendre, rechercher des financements ou s’installer en France.

Je vous souhaite un bon séminaire sur les « nouveaux chemins pour la décarbonation de l’économie » et en profite pour saluer la présence de deux compatriotes venus contribuer aux travaux : M. Vincent Aussilloux, chef du département Economie-Finances de France Stratégie, et M. Jean-Charles Hourcade, chercheur au Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement.

Je vous remercie de votre attention./.

publié le 25/08/2017

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