Clôture du 4 ème symposium sur la sécurité régionale

Merci pour vos aimables propos introductifs à mon égard et surtout de m’avoir sollicité pour une brève prise de parole en clôture de ce symposium. Si cet honneur me revient, c’est essentiellement parce que la France est, comme vous le savez, co-organisatrice de cet événement depuis sa création. Je me garderai donc de m’exprimer à titre national ou à titre personnel. Ainsi donc, au nom de mes collègues ambassadeurs du Royaume de Belgique et de la Délégation de l’Union européenne, je tiens tout d’abord à féliciter chaleureusement les autorités brésiliennes du Ministère de la défense et de l’Itamaraty d’avoir organisé et conduit ce Symposium sur la sécurité régionale Europe-Amérique du Sud, qui est le premier du genre auquel j’ai le plaisir d’assister et dont on me dit qu’il gagne chaque année en maturité et en intérêt. Je veux donc bien volontiers croire qu’il ait été encore meilleur aujourd’hui que les trois éditions précédentes… Le niveau des participants en témoigne d’ailleurs. Les trois tables rondes ont permis de braquer le projecteur sur des questions de nature assez différente mais en réalité très complémentaires. Par le choix pertinent des thèmes et des intervenants, l’ensemble de la journée aura ainsi été une réussite.

Parler entre Européens et Sud-Américains des processus d’actualisation de nos politiques et stratégies respectives de défense et de sécurité est devenue une tradition en première partie de ce symposium. Chaque année, cela a été suffisamment dit et expliqué, le monde change et ses mutations se diversifient et s’accélèrent. Les risques et menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité de nos nations, qui mettent en péril nos intérêts et qui défient nos valeurs partagées sont désormais omniprésents et les tensions ont tendance à s’exacerber.

Faire le point sur nos visions stratégiques respectives et dialoguer sur les enjeux d’aujourd’hui et de demain était donc, à l’évidence, une nécessité. Ce dialogue a eu lieu sur le plan académique, ce qui est toujours très enrichissant. Sur quelques points clés, grâce aux intervenants de la première table ronde, je crois que nous percevons tous bien mieux à présent la réalité de nos visions réciproques. Nous ne serons jamais d’accord sur tout, mais nous convergeons sur bien des analyses…

Mais la grande innovation cette année aura été l’invitation de nos amis du continent africain. Ajouter à nos travaux ce regard extérieur aura été un très grand enrichissement. Nos trois continents sont placés sur le globe terrestre de telle manière que les interactions économiques et humaines sont une évidence et qu’il y a de fortes attentes, de réels succès mais aussi des obstacles et certaines frustrations. L’idée consistant à proposer des visions croisées de cette relation triangulaire a conduit à l’invitation de représentants de l’Union africaine et de la CEDEAO (ECOWAS). Cette dernière organisation n’ayant hélas pas pu être présente aujourd’hui à Brasilia, il serait utile de la convier à nouveau dans un tel format car il permet de comparer nos visions et surtout de contribuer au renforcement des solidarités. Quant au Dr Kambudzi de l’Union Africaine, il est parvenu, malgré son absence physique, a porté parmi nous la voix de l’Afrique.

La troisième table ronde était un pari novateur. Le trafic de drogue est le plus souvent souvent abordé comme une problématique en soi, traitée par des services spécialisés et non comme un enjeu stratégique de politique internationale. De ce fait, il est rare qu’une conférence internationale sur ce thème soit organisée par un ministère de la défense. Le Brésil a fait ce choix et a atteint, je crois, son objectif central de susciter, parmi tous les participants, une prise de conscience de la nécessité impérieuse de s’attaquer conjointement à ce fléau, dans l’intérêt de tous les Etats représentés ici et celui de leurs populations.

Je voudrais conclure en remerciant aussi, l’armée de terre brésilienne pour l’accueil et le soutien logistique de qualité que nous ont été réservés ici, au sein du commandement militaire du Planalto. Et je ne veux pas oublier non plus les interprètes de français, anglais, espagnol et portugais, qui ont été mis à rude épreuve et que, pour terminer, je vous propose d’applaudir.

publié le 05/04/2018

haut de la page