Conférence sur le « leadership des femmes dans la Justice, regards croisés France-Brésil »

Conférence sur le « leadership des femmes dans la Justice, regards croisés France-Brésil » à l’Ambassade de France au Brésil, en partenariat avec l’Ecole nationale d’administration publique brésilienne (26 octobre 2017)

« La femme est le futur de la magistrature française, comme elle est l’avenir de la magistrature brésilienne » a indiqué Mme Catherine Champrenault, Procureure générale près la Cour d’appel de Paris, en ouvrant la conférence le 26 octobre.

L’objectif était de débattre de la place des femmes dans les institutions judiciaires en France et au Brésil et de l’action des femmes dans la justice en faveur des avancées et de la garantie des droits des femmes.

En dehors de Madame Champrenault, la table des intervenants était constituée des femmes siégeant aux plus hauts postes du pouvoir judiciaire au Brésil : la présidente du Tribunal Suprême fédéral (STF), Mme Carmén Lucia, la Procureure Générale de la République, Mme Raquel Dodge et l’Avocate Générale de l’Union, Mme Grace Mendonça.

L’Ambassadeur de France au Brésil, M. Michel Miraillet, a rappelé dans son discours introductif que la défense des droits des femmes, la promotion de l’égalité homme-femme et la lutte contre les violences conjugales constituaient l’une des priorités de l’action extérieure de la France en matière de promotion des droits de l’Homme. Il a mis en lumière le fait que la magistrature française était actuellement composée en majorité de femmes, avec 80% de réussite féminine au concours de l’entrée de l’Ecole nationale de la magistrature et que cette évolution interrogeait : Les femmes rendaient elles la justice différemment que les hommes ?

Mme Carmen Lucia a souligné le « caractère historique » de cette conjoncture ayant porté des femmes aux plus hautes fonctions judiciaires au Brésil, tout en rappelant les défis qui persistaient tant pour le leadership des femmes que pour la lutte contre les inégalités, qui constituaient l’un des principaux problèmes du Brésil.
La Procureure générale française, première à accéder à ce poste, a insisté sur le fait que « l’autorité n’était pas synonyme de force physique, mais d’intelligence, de compétence et de capacité à convaincre, dans lesquelles les femmes étaient très habiles. Le sexe disparaissait sous la robe du Magistrat ». L’avocate générale de l’Union, Grace Mendonça, a affirmé que la présence féminine aux postes clés de la vie publique est une forme de concrétisation du statut de citoyenne. « Nous savons ce que cela coûte d’occuper une place sur le devant de la société brésilienne, particulièrement dans la justice. Nous sommes encore vues comme une exception » affirme-t-elle.

Récemment investie dans ses fonctions de Procureure générale de la République, Raquel Dodge a rappelé que le Brésil et la France, qui avaient pour la première fois de leur histoire nommé des femmes aux fonctions de procureur-général , partageaient le devoir de défendre la place des femmes dans la vie publique et de lutter contre les violences conjugales dans la sphère privée. Elle a salué le travail de Mme Champrenault dans le combat contre le terrorisme.

Les débats ont été poursuivis lors d’un séminaire à l’ENAP sur le rôle des femmes dans la justice en faveur de la garantie des droits des femmes et de la lutte contre les violence s faites aux femmes, ainsi que lors d’une réunion avec des représentants de la société civile au Brésil.

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publié le 30/10/2017

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