Séminaire franco-brésilien « Contributions de la bioénergie et des bioproduits à la concrétisation de l’Accord de Paris sur le climat – Le potentiel de la biomasse cellulosique pour le développement de la bioéconomie » 24 octobre 2016

Monsieur le sous-secrétaire général de l’environnement, de l’énergie, de la science et de la technologie de l’Itamaraty, Embaixador José Antônio Marcondes de Carvalho,

Monsieur le chef du département des biocarburants de la BNDES [Banco Nacional de Desenvolvimento Econômico e Social], M. Carlos Eduardo Cavalcanti,

Monsieur le Président du CGEE [Centro de Gestão e Estudos Estratégicos], M. Mariano Laplane,

Monsieur le directeur de l’AFD au Brésil, M. Laurent Duriez,
Mesdames, Messieurs,

C’est un plaisir pour moi de participer à l’ouverture de ce séminaire franco-brésilien sur les contributions de la bioénergie et des bioproduits à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.

Ce séminaire, qui a obtenu le label COP 22, se tient deux semaines exactement avant l’ouverture de la COP à Marrakech, que nos amis marocains ont décidé de placer sous le signe « de l’action » mais également sous ceux « de l’égalité, de la jeunesse et de la démocratie ».

Le début de la COP 22 [le 7 novembre] marquera également la fin de la Présidence française de la COP 21 qui a débouché sur l’Accord de Paris. Cet accord, qui entrera en vigueur le 4 novembre grâce à un processus de ratification d’une rapidité inédite, nous donne à tous l’espoir que des solutions pourront être trouvées pour faire face au réchauffement climatique.

A ce jour, 81 États, représentant plus de 60% du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre ont ratifié l’Accord et se sont donc formellement engagés à limiter voire réduire leurs émissions futures. C’est le cas de la France qui a été en juin « le premier pays industrialisé » parmi les membres du G20 à finaliser la ratification de cet accord historique. C’est aussi le cas du Brésil qui a ratifié l’Accord début septembre.

Il nous reste à présent jusqu’au 12 décembre pour inciter les pays qui ne l’ont pas encore fait à nous rejoindre afin d’atteindre l’universalité de l’Accord de Paris.

La ratification de l’Accord de Paris implique d’autres engagements dont celui, pris par les pays développés, de réunir à l’horizon 2020 des financements publics et privés à hauteur de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique.

A cet égard, l’OCDE a publié, la semaine dernière, en amont de la COP 22, une feuille de route qui permet notamment d’établir qu’au moins 67 milliards de dollars de financement publics seront disponibles en 2020 et que si les effets de mobilisation des financements privés par les financements publics sont identiques à ceux de 2013-2014, plus de 90 milliards de dollars de finance climat devraient être mobilisés en 2020.

L’Accord de Paris s’appuie également sur l’Agenda des solutions ou Agenda de l’action à une échelle inédite. Les 77 « Initiatives Coopératives » recensées par la plateforme NAZCA des Nations Unies sont autant de partenariats et de coopérations entre Etats et acteurs non-étatiques. Plus de 11.000 engagements ont été enregistrés par plus de 5.300 collectivités territoriales, entreprises et organisations de la société civile.

Parmi ces initiatives, la France et l’Inde, ensuite rejoints par de nombreux pays dont le Brésil, se sont particulièrement investis en faveur d’une Alliance solaire internationale qui se propose de mobiliser, d’ici 2030, mille milliards de dollars pour le développement de l’énergie solaire. Dans le domaine de l’agriculture, la France a également lancé l’initiative 4 pour 1000 qui vise à promouvoir des partenariats internationaux pour améliorer le stockage du carbone dans les sols, tout en garantissant la sécurité alimentaire.

Nous ne pourrons pas citer ici toutes ces initiatives, mais je souhaiterais saluer la proposition ambitieuse du Brésil d’une plateforme internationale pour les carburants avancés bas carbone et le bioraffinage. Cette proposition est au cœur du thème de ce séminaire dont les débats devraient justement aider à mieux définir le rôle que peut jouer notre coopération bilatérale dans ces secteurs extrêmement complexes et dynamiques que sont la bioénergie et les bioproduits.

Nous voyons ainsi que l’Accord de Paris, c’est aussi un renouveau des coopérations internationales en faveur d’une société décarbonnée et une opportunité pour la coopération bilatérale entre la France et le Brésil, notamment dans le secteur de la bioéconomie qui nous intéresse durant ce séminaire.

Premier producteur européen de bioéthanol et second consommateur, la France a en effet développé un savoir-faire technique et industriel inégalé pour l’exploitation de la biomasse cellulosique dont le projet FUTUROL, qui représente un investissement de plus de 70 millions d’Euros, est un exemple.

De son côté, le Brésil a également investi massivement dans le développement de l’éthanol de 2ème génération à partir de la canne à sucre et dispose d’une expérience agricole et industrielle indéniable dans ce domaine.

Pour être encore plus compétitif et garantir des diminutions significatives des émissions de gaz à effets de serre, le secteur de la bioénergie et des bioproduits a besoin de se perfectionner tant sur le plan scientifique que technique, agricole ou encore industriel. La solution passera nécessairement par des coopérations internationales ambitieuses.

C’est pourquoi ce séminaire propose de réunir un large éventail d’acteurs des deux pays afin d’identifier les opportunités réelles de collaboration, les points de blocage ou d’hésitation et de dégager une image plus nette et plus actuelle du potentiel de notre collaboration dans ce domaine.

Je tiens à saluer tous ceux qui, Brésiliens et Français, ont été à l’initiative de ce séminaire. Je remercie les nombreux participants d’avoir fait le déplacement et vous souhaite à toutes et à tous de fructueux échanges./.

publié le 27/10/2016

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